lundi 24 octobre 2016

Si on allait à la pragmathèque?

Notre vénérable et grecque bibliothèque a inspiré à notre langue moderne, et sur le même modèle, les mots cinémathèque, médiathèque, ludothèque et même le vilain informathèque. Notons au passage que les trois derniers cités sont des mots hybrides, associant un suffixe grec à une racine latine. L'anglais s'en tient au latin pour le faux-ami library qui est notre bibliothèque, tandis que notre latine librairie est là-bas un bookshop, mot bien saxon.

Je lis aujourd'hui un fort intéressant article sur le développement des libraries of things, littéralement des bibliothèques de choses, autrement dit des lieux où on peut emprunter les objets et équipements les plus variés: outils, jeux, articles de sport, électro-ménager ... Le principe est simple: pourquoi s'encombrer chez soi de choses qu'on n'utilise que très rarement, alors qu'on peut en partager l'usage? Et pourquoi limiter ce principe aux seuls livres, média, jouets, ou toute autre catégorie de choses? Nul doute que ce concept ait de l'avenir avec l'essor de l'économie sociale et solidaire. 
Les exemples donnés par l'article ci-dessus se situent pour le moment en Amérique du Nord et en Europe du Nord (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne), mais comment les nommerons-nous quand ils arriveront chez nous? Le grec pour chose étant πράγμα (pragma), une bibliothèque de choses devrait s'appeler en toute logique et en bon français une pragmathèque. Un mot qui semble jusqu'à ce jour inusité, et en tout cas inconnu de mon moteur de recherche favori auquel pas grand-chose n'échappe. Mais parions ici et aujourd'hui sur son introduction et son avenir dans notre belle langue.

NB : Le concept de ressourcerie (vilain mot lui aussi) est proche mais légèrement différent.